La communauté ne gardera que sa maison-mère de Sherbrooke

Fermetures et restructuration pour la Famille Marie-Jeunesse

La Famille Marie-Jeunesse entreprend une période de refondation. Elle ne conservera pour l'instant que sa maison-mère de Sherbrooke.
La Famille Marie-Jeunesse entreprend une période de refondation. Elle ne conservera pour l'instant que sa maison-mère de Sherbrooke.   (Photothèque Présence/Philippe Vaillancourt)
Véronique Demers | Journaliste
Journaliste
2018-01-25 22:28 || Québec Québec

La Famille Marie-Jeunesse (FMJ) fermera toutes ses maisons dans le monde et ne conservera que sa maison-mère de Sherbrooke. La communauté religieuse, fondée à Québec en 1982, donne ainsi le coup d’envoi à une «restructuration en profondeur».

Présence annonçait déjà la semaine dernière la fermeture de la maison de Québec. Mais la communauté refusait encore de préciser les raisons de cette fermeture. Or, dans un communiqué daté du 23 janvier 2018, elle indique qu’après son premier chapitre général qui a eu lieu du 26 juin au 31 juillet 2017, elle s’engage désormais dans une période de «refondation».

«Pour vivre ce travail de la manière la plus fructueuse, il nous est apparu nécessaire de fermer toutes nos auberges de mission d’ici septembre 2018», précise-t-elle. «Cette décision est prise en vue d’une conversion pastorale pour remplir de mieux en mieux notre mission d’évangélisation au sein de l’Église.»

Après Québec, ce sera au tour des maisons – ou auberges, selon le terme employé par la FMJ – de Tahiti (Polynésie française), de Ciney (Belgique) et de Tampon (Île de la Réunion) de fermer.

«Ces maisons seront vendues. Il n’y a pas de garantie que Marie-Jeunesse y retourne», indique père Francis Gadoury, supérieur de la communauté, en entrevue.

Au total, près d’une trentaine de membres de vie consacrée (frères, sœurs et couples à l’extérieur des maisons) devront déménager à Sherbrooke. Cette décision survient alors leur nombre est passé de 100 à 60 au cours des dernières années.

Crise structurelle, pas financière

La communauté affirme vivre «des passages exigeants demandant courage, audace et confiance».

«On a décidé de se rassembler à Sherbrooke pour amorcer une restructuration en profondeur. Notre réflexion de longue haleine va durer d’un à trois ans, après quoi nos travaux seront officialisés dans un document lors du prochain chapitre», détaille le père Gadoury, qui précise au passage que la question financière n’a rien à voir dans leur décision.

Plusieurs documents normatifs sont à dépoussiérer, aux dires du supérieur, dont le guide de la vie en communauté, inchangé depuis le début du mouvement, qui a pris naissance en 1982 dans la paroisse Saint-Michel-de Sillery, à Québec.

L’appel à restructurer la FMJ n’est pas non plus venu de Rome. «Ça aurait pu arriver, mais ce n’est pas le cas. On voulait préserver ce qui va bien, pendant qu’on est encore petit et modeste. On n’a pas de scandale sur les bras, et j’espère que ça va continuer», souhaite le père Gadoury.

Une essence à préserver

Malgré la fermeture des missions à l’étranger, le supérieur tient à garder le contact avec les membres voulant continuer de livrer l’essence de la communauté.

«Partager l’Évangile aux jeunes, dans la beauté et la joie de Dieu fait partie de notre raison d’être, tout comme les services paroissiaux. J’arrive de Belgique, où j’ai rencontré notamment un jeune de 25 ans. Il allait aux réunions de Marie-Jeunesse depuis qu’il a 15 ans, et c’est là aussi qu’il a connu sa femme. Cette famille veut nous aider», témoigne le père Gadoury.

Unité à maintenir

Le père Daniel Cadrin, directeur de l’Institut de pastorale des dominicains à Montréal, a été l’un des médiateurs lors du chapitre général de la FMJ l’été dernier. Le dominicain se dit optimiste de cette rencontre.

«La Famille Marie-Jeunesse entre dans une nouvelle étape visant à répartir ses forces. C’est un peu éparpillé: ils sont à beaucoup d’endroits et font beaucoup de choses, mais ils veulent justement prendre le temps de s’arrêter pour s’organiser, au lieu de rester sur un erre d’aller. C’est une bonne chose. Mais une condition importante doit être remplie: garder l’unité», estime-t-il.

«Marie Sagesse»

Le père Gadoury insiste sur l’importance de préserver le mouvement, sans toutefois qu’il devienne une Église parallèle à l’Église catholique.

«C’est important de se remettre en question, sans quoi on risque de fermer. Ça fait 20 ans que je suis dans la communauté. Au début, c’était une gang de jeunes; c’est devenu une communauté et les membres ont vieilli. On fait souvent des blagues en appelant Marie-Jeunesse ‘Marie sagesse’», dit-il avec le sourire.

Selon le supérieur de la FMJ, le terme «jeunesse» revendiqué par la communauté renvoie par ailleurs à la jeunesse de Marie lors de l’Annonciation et de la Visitation. «Il y a la jeunesse, oui, mais aussi le fait d’être à la disposition de Dieu, d’être à l’écoute et être au service de son prochain. Nous voulons faire les choses à la manière de Marie, une femme de foi, de caractère», assure-t-il.

 

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