Sacrements

Fin de la signature des registres à l’église dès le 1er janvier

C’est une tradition bien ancrée au Québec qui prendra fin le 1er janvier 2020 dans tous les diocèses catholiques de la province, alors que la signature des registres cessera d’être pratiquée lors des célébrations.
C’est une tradition bien ancrée au Québec qui prendra fin le 1er janvier 2020 dans tous les diocèses catholiques de la province, alors que la signature des registres cessera d’être pratiquée lors des célébrations.   (Pixabay)
Philippe Vaillancourt | Journaliste
Journaliste
2019-12-20 16:39 || Québec Québec

C’est une tradition bien ancrée au Québec qui prendra fin le 1er janvier 2020 dans tous les diocèses catholiques de la province, alors que la signature des registres cessera d’être pratiquée lors des célébrations.

Dorénavant, seule la signature du curé ou du responsable de la paroisse sera nécessaire pour les registres de baptême, de mariage, de funérailles et de sépulture.

Cette décision, approuvée à l'automne 2018 et peaufinée en mars 2019 par l’Assemblée des chanceliers liée à l’Assemblée des évêques catholiques du Québec, vise à simplifier un processus qui se complexifiait avec l’évolution des paroisses.

«Il y a des choses qui paraissaient superflues», note l’abbé Guy Boulanger, président de l’Assemblée des chanceliers et lui-même chancelier de l’archidiocèse de Sherbrooke. «Il n’y aura plus la lecture de l’acte, ni la signature des parents, des parrain et marraine, des époux et des témoins lors des célébrations.»

Il explique que ces signatures multiples devenaient notamment problématiques pour les paroisses regroupées, car il fallait déplacer les registres à divers endroits, selon l’emplacement des célébrations, ce qui s’accompagnait souvent de défis logistiques. Par exemple, dans les cas où des paroisses comprennent plusieurs églises ou lieux de culte, dont certains ne servent que très peu, il fallait qu’une personne autorisée aille chercher les registres et les déplacent.

«Il y a des enjeux au niveau de la conservation et de la confidentialité», poursuit l’abbé Boulanger, qui juge de loin préférable que ces documents importants puissent rester au même endroit et être préservés dans les meilleures conditions possibles. «Cela devenait complexe d’apporter les registres, puis de les rapporter. Ils vont éviter du va-et-vient. Ce n’étaient pas toujours les locaux adéquats pour conserver les registres.»

C’est en se penchant sur ces enjeux que les chanceliers du Québec ont réalisé que la pratique bien ancrée ici est loin d’être répandue dans le monde. À vrai dire, les informations et signatures demandées au Québec excédaient largement ce qui est requis par le droit canonique, constate l’abbé Boulanger.

Certes, cela demandera un certain ajustement, mais il ne s’attend pas à rencontrer de véritable résistance avec ce changement.

«Il y a surement de la surprise. Nous devrions expliquer que les pratiques ont changé. Des gens pourraient être déçus, car ça enlève une certaine solennité aux yeux de certains. Mais pour ce qui est des responsables paroissiaux, ça leur simplifie la vie», ajoute l’abbé Boulanger.

Les noms des parrain et marraine seront toutefois toujours consignés. Les registres seront dressés la plupart du temps après l’acte. Ils serviront ainsi à constater ce qui aura été fait. La plupart du temps ils seront signés par le curé ou prêtre-modérateur, mais des diocèses pourront aussi autoriser d’autres personnes. Les informations justes, dont les noms et les certificats de baptême, devront être fournies préalablement, comme c’est déjà le cas.

Dans une note explicative publiée en ligne, la chancelière du diocèse de Chicoutimi, Isabelle Dallaire, souligne que cette habitude de signer les registres à la fin «n’était pas obligatoire pour la légitimité des célébrations».

Devançant les questions des férus de généalogie qui pourraient regretter la disparition de cette pratique, elle rappelle qu’il est «toujours possible de recevoir un certificat d’un acte en s’adressant à la paroisse où la célébration a eu lieu».

«Toutefois, les registres paroissiaux ne sont pas accessibles pour les recherches généalogiques. Il faut plutôt s’adresser à la Bibliothèque et archives nationales du Québec (BANQ) qui rend disponible le double des registres plus anciens», rappelle-t-elle.

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