Journée mondiale des communications sociales

Le pape préconise une saine utilisation des réseaux sociaux

Une journaliste prend une photo du pape avec son téléphone cellulaire à bord de l'avion conduisant François au Panama le 23 janvier 2019.
Une journaliste prend une photo du pape avec son téléphone cellulaire à bord de l'avion conduisant François au Panama le 23 janvier 2019.   (CNS photo/Vatican Media)
2019-01-24 13:05 || Monde Monde

Les médias sociaux deviennent anti-sociaux, anti-humains et anti-chrétiens lorsqu'ils sont utilisés pour accroître les différences, nourrir les soupçons, répandre des mensonges et propager les préjugés, a déclaré le pape François dans son message à l'occasion de la Journée mondiale des communications sociales.

L'Église catholique et toutes les personnes de bonne volonté voient un grand potentiel dans les médias sociaux lorsqu’ils rassemblent les gens, les aident à partager des informations utiles et à s'éduquer, a-t-il déclaré.

Mais, écrit le pape, «dans le Web social trop souvent l'identité est basée sur l'opposition à l'autre, à l'étranger au groupe: on se définit à partir de ce qui divise plutôt que de ce qui unit, laissant cours à la suspicion et à l'explosion de toute sorte de préjugés (ethniques, sexuels, religieux et autres)».

Le message du pape François à l'occasion de la Journée mondiale de la communication, célébrée le 2 juin par la plupart des diocèses, cite un passage de la Lettre aux Éphésiens: «Nous sommes membres les uns des autres», et met l'accent sur le passage «des communautés de réseaux sociaux à la communauté humaine».

Bien que le pape soit à Panama pour les Journées mondiales de la jeunesse, le Vatican a maintenu sa tradition de publication du message du pape le 24 janvier, fête de saint François de Sales, patron des journalistes.

Utiliser les réseaux sociaux pour former et promouvoir une «communauté», a déclaré le pape, implique d'encourager les interactions, le soutien et la solidarité.

La dernière incursion du pape François dans les médias sociaux vise à promouvoir cela. Lors de l'angélus du 20 janvier, il a lancé une nouvelle application mobile et une plateforme où il partage ses intentions de prière et où les personnes du monde entier peuvent partager les leur. Ensuite, tout le monde peut «cliquer pour prier» les uns avec les autres.

Le père jésuite Federic Fornos, directeur international du réseau mondial de prière du pape, a déclaré qu'au cours des trois premiers jours, 167 000 personnes ont téléchargé l'application Click to Pray et que le bouton «Cliquez pour prier» sur les intentions de prière individuelles a été cliqué plus d'un million de fois entre le 20 et le 22 janvier.

Le pape, influenceur des réseaux sociaux

La communauté de prière en ligne et sur téléphone rejoint les comptes beaucoup plus vastes des médias sociaux papaux sur Twitter et Instagram.

Créé sous le pape Benoît XVI, le compte Twitter @Pontifex se décline en anglais, en espagnol, en italien, en portugais, en français, en polonais, en latin, en allemand et en arabe. En date du 23 janvier, les comptes totalisaient près de 48 millions d'adeptes.

Le compte Instagram, Franciscus, ouvert en mars 2016, compte plus de 5,8 millions d'abonnés.

Sur les deux plates-formes, le pape a un «taux d'engagement» supérieur à la moyenne, ce qui va au-delà du nombre de personnes qui voient les messages, mais aussi du nombre de personnes qui prennent le temps de commenter, d’aimer, de «retweeter» ou de partager.

Selon Twipu, un site qui suit les statistiques de Twitter, chacun des tweets du pape François génère en moyenne 935 réponses, 7 998 retweets et 36 750 «J'aime».

Dans un article publié début décembre, le site Web Twiplomacy a classé le pape François au 4e rang des «dirigeants mondiaux les plus suivis sur Instagram». Il est venu derrière le premier ministre indien Narendra Modi, le président indonésien Joko Widodo et le président américain Donald Trump.

Plus important encore, du point de vue de son thème de la Journée de la communication axé sur la communauté, le pape François occupe également la 4e place des interactions Instagram parmi les dirigeants mondiaux. Selon le site, chaque photo ou vidéo publiée par le Vatican génère en moyenne 198 432 interactions.

Sur Twitter, Twiplomacy a déclaré: @Pontifex est le deuxième leader mondial le plus suivi après Trump et arrive en troisième position, derrière Modi et Trump, sur la liste des «plus influents», ce qui correspond à un taux d'interaction basé sur la somme des commentaires, des retweets et des «J’aime» divisés par le nombre de tweets et le nombre moyen d’abonnés.

Twiplomacy Study 2018, revue annuelle de la diplomatie sur les médias sociaux menée par le cabinet international de conseil en médias BCW, a souligné que «le président américain a […] modifié le ton du discours sur Twitter, insultant fréquemment ses opposants et ridiculisant ses dirigeants étrangers».

De toute évidence, les comptes de médias sociaux du pape François ne le font pas.

Ressource véritable

Dans son message sur la Journée mondiale des communications sociales, le pape François a déclaré que la création de communautés fortes, même en ligne, nécessite des personnes «animées par un sentiment de confiance» et poursuivant un objectif commun. «La communauté comme réseau solidaire requiert l'écoute mutuelle et le dialogue, basé sur l'utilisation responsable du langage», a-t-il écrit.

Et il a averti que si les médias sociaux peuvent promouvoir la «rencontre», ils peuvent également «renforcer notre auto-isolement», un risque auquel les jeunes sont particulièrement exposés.

S'opposant à la cyberintimidation, à l'isolement et à la division, les chrétiens sont appelés à utiliser les ressources en ligne pour «affirmer aussi sur le réseau et à travers le réseau le caractère interpersonnel de notre humanité».

De plus, a déclaré le pape François, lorsque nous sommes en ligne, nous sommes appelés à manifester cette communion qui caractérise notre identité de croyants. «La foi elle-même, en fait, est une relation, une rencontre; et sous la poussée de l'amour de Dieu, nous pouvons communiquer, accueillir et comprendre le don de l'autre et y correspondre.»

Les communautés virtuelles ne méritent le nom de communauté et de participation chrétienne que si elles renforcent une rencontre personnelle «qui vit à travers le corps, le cœur, les yeux, le regard, le souffle de l'autre», a écrit le pape.

«Si une famille utilise le réseau pour être plus connectée, pour ensuite se réunir à table et se regarder dans les yeux, alors c'est une ressource», a-t-il noté. «Si une communauté ecclésiale coordonne sa propre activité à travers le réseau, pour ensuite célébrer l'Eucharistie ensemble, alors c'est une ressource.»

Et, a-t-il déclaré, «si le réseau est une occasion pour se rapprocher des histoires et des expériences de beauté ou de souffrance physiquement loin de moi, pour prier ensemble et ensemble chercher le bien dans la redécouverte de ce qui nous unit, alors c'est une ressource».

Cindy Wooden

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