Point de presse du pape François

Une fixation idéologique peut mener à un schisme, estime le pape

«Je prie pour qu'il n'y ait pas de schisme, mais je n'ai pas peur», a déclaré le pape François à des journalistes rentrant d'Afrique à Rome avec lui le 10 septembre.
«Je prie pour qu'il n'y ait pas de schisme, mais je n'ai pas peur», a déclaré le pape François à des journalistes rentrant d'Afrique à Rome avec lui le 10 septembre.   (CNS Photo/Paul Haring)
2019-09-17 14:24 || Monde Monde

Le pape François a déclaré aux journalistes qu'il espère et qu'il prie pour que l'Église catholique ne connaisse pas de nouveau schisme, mais que la liberté humaine signifie que les gens ont toujours eu et auront l'option du «schisme».

«Je prie pour qu'il n'y ait pas de schisme, mais je n'ai pas peur», a déclaré le pape François à des journalistes rentrant d'Afrique à Rome avec lui le 10 septembre.

Des schismes ont eu lieu tout au long de l'histoire de l'Église, a-t-il déclaré, et l'un des points communs entre tous est de mettre l'accent sur une idéologie telle qu'ils commencent à lire la doctrine de l'Église sous l'angle de cette fixation.

Un schisme se déclenche quand «une idéologie, peut-être correcte, infiltre la doctrine et devient une "doctrine" entre guillemets, au moins pour un temps», a-t-il déclaré.

Comme exemple d'idéologie, le pape a évoqué ceux qui accusent le pape d’être «trop communiste» en raison de ses critiques d’un capitalisme débridé et de son impact négatif sur les pauvres. «Les choses sociales que je dis sont les mêmes que celles de Jean-Paul II. Les mêmes. Je le copie.»

Quand l'idéologie prend la place de la doctrine, a-t-il déclaré, il existe un risque de division dans la communauté chrétienne.

Le pape François a déclaré que de petits groupes de catholiques aux États-Unis ne sont pas les seuls à le critiquer – il y en a même à la curie romaine qui le font – mais il tente de tirer des leçons de la critique et de trouver un moyen de dialoguer avec les critiques.

«La critique aide toujours», a déclaré le pape François. «Quand on est critiqué, la première chose à faire est de réfléchir: est-ce vrai, pas vrai, et dans quelle mesure», a-t-il expliqué.

«Parfois, vous vous fâchez», a-t-il déclaré, mais «il y a toujours des avantages» à tirer des critiques.

Au cours de la conférence de presse en vol, qui a été brièvement interrompue en raison de turbulences, le pape François a principalement répondu aux questions concernant les problèmes survenus lors de sa visite au Mozambique, à Madagascar et sur l’île Maurice du 4 au 10 septembre. Les sujets abordés incluaient la base militaire américaine contestée, Diego Garcia, dans l’archipel des Chagos, et son enseignement sur l’écologie.

Mais le pape a également été invité à répondre plus en détail à un commentaire informel qu'il avait fait sur le vol vers le Mozambique, le 4 septembre, lorsqu'il a déclaré que c'était «un honneur quand les Américains m'attaquent».

Le journaliste français Nicolas Senèze avait remis au pape un exemplaire de son livre Comment l’Amérique veut changer de pape. La thèse de Senèze est qu'un petit groupe de riches catholiques américains est engagé dans un effort concerté pour discréditer le pontificat de François.

«Les critiques ne viennent pas uniquement des États-Unis, mais d'un peu partout, y compris de la curie, mais au moins ceux qui le font ont le courage» d'en parler publiquement, a déclaré le pape lors de son vol de retour vers Rome.

La critique est saine lorsqu'elle est ouverte et lorsque la personne qui l’émet est disposée à écouter le raisonnement de l'autre et à dialoguer. «Ce sont de vraies critiques», a-t-il déclaré.

«Lancer un rocher et ensuite cacher sa main» est autre chose, a déclaré le pape. «Ce n'est pas utile. Cela n'aide que les petits groupes fermés qui ne veulent pas entendre la réponse à leurs critiques.»

Ne pas attendre ou vouloir une réponse «c'est ne pas aimer l'Église», a-t-il déclaré. «C’est suivre une idée donnée, comme changer de pape, changer de style ou créer un schisme.»

Il a parlé d'une autre idéologie qu'il qualifie de «rigoriste», qu'il a décrite aux journalistes comme «l'idéologie d'une moralité antiseptique» qui ne tient aucun compte de la vie réelle des fidèles et de l'obligation des pasteurs de les guider pour les éloigner du péché et les inciter à vivre l’Évangile.

«Il y a beaucoup d'écoles de rigidité dans l'Église catholique aujourd'hui» qui ne sont pas nécessairement des schismes, mais plutôt sont des «chemins chrétiens pseudo-schismatiques qui ne se termineront pas bien», a-t-il déclaré.

Sur la question de la base militaire de Diego Garcia, qui se trouve sur un territoire de l'océan Indien revendiqué par la République de Maurice et le Royaume-Uni, le pape François a déclaré que les États qui liés aux Nations Unies et aux tribunaux internationaux ont l'obligation d'accepter leurs décisions. L’Assemblée générale de l’ONU a récemment adopté une résolution demandant à la Grande-Bretagne, qui loue la base à l’armée américaine, de céder le territoire à Maurice.

«Je ne sais pas si cela est vrai dans ce cas-ci», a déclaré le pape, mais un phénomène courant est que lorsqu'un peuple gagne son indépendance et que les colonisateurs sont obligés de partir, «il est toujours tentant de prendre quelque chose dans leurs poches», comme de reconnaitre le nouveau gouvernement tout en essayant de garder le contrôle sur l'extraction des ressources naturelles.

«Dans la conscience collective, il y a eu l'idée que l'Afrique est là pour être exploitée», a déclaré le pape. «Nous, l'humanité, devons nous révolter contre cela.»

La pollution, la déforestation et la désertification sont autant de signes de ce type d'attitude, a-t-il déclaré.

Reconnaissant que la terre et sa biodiversité sont essentielles à la vie, le pape François a déclaré que tout le monde doit agir, en commençant par de petites étapes. Par exemple, at-il ajouté, le Vatican a récemment interdit la vente de plastique à usage unique, tel que des bouteilles d’eau, sur son territoire.

Cindy Wooden

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