Aide à mourir

L’évêque de Valleyfield clarifie ses propos, celui d’Edmonton décline notre demande d'entrevue

L'archevêque d'Edmonton a décliné notre demande d'entevue, mais a rappelé que «les évêques sont libres de déterminer si des lignes directrices sont nécessaires ou non dans leur propre diocèse».
L'archevêque d'Edmonton a décliné notre demande d'entevue, mais a rappelé que «les évêques sont libres de déterminer si des lignes directrices sont nécessaires ou non dans leur propre diocèse».   (CNS photo/Nancy Wiechec)
Philippe Vaillancourt | Journaliste
Journaliste
2016-10-05 12:02 || Canada Canada

Le porte-parole de la Conférence des évêques catholiques du Canada dans le dossier de l’aide médicale à mourir, Mgr Noël Simard, s’est adressé mardi à ses diocésains pour «apporter des corrections» à ses propos rapportés la semaine dernière dans la presse québécoise.

L’évêque de Valleyfield réagissait à un document de ses confrères de l’Alberta et des Territoires du Nord-Ouest stipulant qu’une personne qui demande l’aide médicale à mourir pourra se voir refuser l’accès aux funérailles et au sacrement du pardon.

«Comme la demande de funérailles chrétiennes est d’ordre pastoral, mon approche fut pastorale. Voilà pourquoi je n’ai pas d’abord voulu répondre à une question de permis et de défendu, de oui ou de non», écrit Mgr Simard dans une lettre rendue publique par le diocèse de Valleyfield.

Il rappelle que la question de l’accès aux funérailles pour une personne qui a demandé à mourir ne fait l’objet «d’aucun consensus parmi les évêques canadiens».
Dans un contexte où les archevêques de Montréal et Québec se sont clairement prononcés contre l’idée d’interdire la célébration de funérailles à l’église, des médias généralistes québécois avaient estimé que la position de Mgr Simard était moins tranchée.

«J’ai plutôt dit que si j’avais à parler aux prêtres et aux diacres, aux agentes et agents de pastorale, et aux intervenantes et intervenants en pastorale du diocèse, qui ont à faire face à cette possible demande, je leur conseillerais en premier lieu d’accueillir la demande et de voir avec les parents ou la famille la signification d’une telle demande: pourquoi le défunt voulait des funérailles à l’église, ce que cela signifie pour la famille, etc.», précise-t-il.

S’il insiste pour dire que les funérailles «ne vont pas de soi», il réitère l’importance que «cette démarche d’accueil et de dialogue soit empreinte de compassion et de bonté».

«Il n’est pas question de refuser des funérailles, mais de s’assurer qu’elles soient vécues dans l’éclairage que donne la foi chrétienne, et qu’elles ne servent pas […] à «célébrer le choix de fin de vie d’un malade». Dans un tel cas, cela pourrait devenir un «affront» ou une contestation de la position de l’Église sur l’euthanasie et l’aide au suicide», dit-il, insistant à nouveau pour dire que son approche «est d’ordre pastoral».

Mgr Simard croit que ces situations seront malgré tout plutôt rares. Mais il appelle les fidèles à bien se former et à faire preuve de «prudence et sagesse dans les décisions relatives à la fin de vie».

«Cela exige une véritable écoute de la volonté du Seigneur et la disponibilité à l’accomplir. Et pour les responsables pastoraux, ce peut être l’occasion d’un accompagnement fait de miséricorde et de tendresse, ce que nous avons célébré particulièrement en cette Année jubilaire de la Miséricorde», ajoute-t-il.

L’archevêque d’Edmonton décline notre demande d’entrevue

Invité à commenter les réactions suscitées au Québec par le document des évêques de l’Alberta et des Territoires du Nord-Ouest, l’archevêque d’Edmonton a décliné la demande d’entrevue de Présence.

Le service des communications de l’archidiocèse d’Edmonton a indiqué que Mgr Richard Smith «ne sera pas en mesure» d’accorder une entrevue. Il a toutefois précisé que l’archevêque d’Edmonton – qui fait partie des leaders de l’épiscopat dans l’Ouest du Canada – «note que tous les évêques sont libres de déterminer si des lignes directrices sont nécessaires ou non dans leur propre diocèse». Il faisait ainsi référence au fait que plusieurs évêques québécois ne partagent pas le point de vue de leurs confrères albertains sur cette question.

Mgr Smith a toutefois précisé, toujours via son service des communications, que «tous les évêques sont soucieux d’un accompagnement pastoral approprié et de soins palliatifs adéquats».

Avec des informations de François Gloutnay.

 

du même auteur

Sur cette photo prise par Neil Armstrong, Edwin 'Buzz' Aldrin se tient sur la surface de la Lune le 20 juillet 1969.
2019-06-26 16:59 || Canada Canada

Apollo 11, à la croisée de la science et du sens

Le pape a accepté la démission de l'évêque de Rouyn-Noranda, Dorylas Moreau (photographié ici à Sainte-Anne-de-Beaupré en juin 2016) le 24 juin 2019.
2019-06-25 19:22 || Québec Québec

L’évêque de Rouyn-Noranda démissionne pour des raisons de santé

C'est en s'intéressant au concept de «paresse» que le théologien François Nault s'est penché sur notre rapport au temps et au travail.
2019-06-21 16:27 || Québec Québec

La paresse comme vertu

articles récents

Médecin et éthicienne, la Française Marie-Jo Thiel, spécialiste des abus sexuels en Église et auteure du livre 'L’Église catholique face aux abus sexuels sur les mineurs' était de passage à Montréal le 14 juin 2019.
2019-06-18 09:34 || Monde Monde

Une éthicienne spécialiste des abus sexuels de passage à Montréal

Les membres de la Mutuelle d'assurance en Église apprendront le 14 juin quel sort attend Alfonso Graceffa, un des sept membres du conseil d'administration de cette entreprise qui assure les biens des paroisses d'une dizaine de diocèses du Québec.
2019-06-13 11:02 || Québec Québec

Le sort de l'administrateur Graceffa connu demain

La Congrégation pour l'éducation catholique parle de la théorie du genre dans un document publié le 10 juin 2019.
2019-06-11 11:06 || Vatican Vatican

Rome reste opposé à la théorie du genre