Déclaration de la conférence épiscopale canadienne

Le suicide assisté absent de la campagne électorale, déplorent les évêques

  (Pixabay)
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2015-09-19 11:34 || Canada Canada

Les évêques catholiques du Canada estiment que le délai d’un an qu’accorde la Cour suprême au gouvernement fédéral pour élaborer une nouvelle loi qui reconnaîtra le droit des adultes souffrants et en fin de vie d'avoir recours à une aide médicale à mourir est irréaliste. En pleine campagne électorale, ils demandent que le futur gouvernement se prévale de la clause nonobstant pour repousser ce délai à cinq ans.

«Ce délai est beaucoup trop court pour que ce changement fondamental dans nos lois entre en vigueur». D’autant plus que «contrairement à ce que disent des associations et des leaders politiques, il n’y a pas de consensus dans notre société» sur le suicide assisté, a déclaré le président sortant de la Conférence des évêques catholiques du Canada, Mgr Paul-André Durocher.

«Nous exhortons le gouvernement qui sera élu le 19 octobre à invoquer la clause nonobstant et de [sic] prolonger ce délai à cinq ans.»

En février 2015, la Cour suprême du Canada a invalidé l'article du Code criminel qui interdit à un médecin d'aider quelqu'un à s'enlever la vie.

«Nous devons nous donner le temps de réfléchir avant d’agir, de considérer sérieusement les conséquences de nos gestes avant de traiter de cette question cruciale et morale», écrivent les évêques dans une déclaration votée à la toute fin de leur assemblée annuelle tenue cette semaine à Cornwall.

Selon les évêques du Canada, la Cour suprême, dans son jugement unanime du 6 février 2015, a carrément créé «un nouveau ‘droit constitutionnel’ au Canada, le prétendu ‘droit’ au suicide. Ce jugement légaliserait un geste qui, depuis les temps immémoriaux, a été jugé immoral : celui d’enlever une vie innocente».

Ils estiment que le jugement «met à risque la vie des personnes vulnérables, déprimées, celles souffrant de maladie physique ou mentale, et celles ayant un handicap».

«Devant la terrible souffrance que peut engendrer la maladie ou la dépression, la vraie réponse humaine devrait être de soigner, et non de tuer», écrivent les évêques.

Les évêques s'étonnent que la question du suicide assisté ne soit pas discutée durant la campagne électorale. «C’est une question si fondamentale pour notre société et son avenir. Avons-nous perdu la capacité de débattre des questions profondes de la vie qui nous touchent tous? Nos politiciens ont-ils peur d’un mot mal placé, d’un message mal interprété ou de la fluctuation d’un sondage public?»

L’archevêque de Gatineau espère que la déclaration épiscopale lancera des discussions sur les soins de fin de vie. «On veut entendre les candidats là-dessus.»

 

du même auteur

Le père Henri Paradis.
2019-04-25 14:17 || Québec Québec

Messages d'appui au père Henri Paradis

Aucun groupe en provenance d'Églises chrétiennes ou des grandes religions n'a été invité à participer aux audiences publiques sur le projet de loi.
2019-04-24 12:41 || Québec Québec

Laïcité: aucun groupe religieux invité en commission parlementaire

Le père Henri Paradis a été arrêté le 4 avril 2019.
2019-04-24 08:35 || Québec Québec

Le père Henri Paradis arrêté pour agression sexuelle

articles récents

À Mumbai, de jeunes Indiens visionnent un film sur leur cellulaire.
2019-04-03 10:41 || Vatican Vatican

Les aléas des mondes numériques abordés dans le nouveau document papal

Docteure en sexologie clinique, sœur Marie-Paul Ross s'intéresse aux dynamiques sexuelles mises en lumière par la crise qui frappe l'Église catholique.
2019-03-28 16:57 || Canada Canada

Une crise qui carbure à l'immaturité sexuelle, dit une sœur sexologue

Dans l'embarras pour des affaires de plagiat, le père Thomas Rosica, vu ici aux côtés du pape François en 2014, s'accorde «un temps d’arrêt pour réfléchir et se reposer».
2019-03-05 08:17 || Canada Canada

Le père Rosica au repos