Synode sur la famille

Miséricorde et famille se rencontrent au synode, disent Mgrs Durocher et Simard

Mgr Paul-André Durocher, archevêque de Gatineau, sortant d'une séance du synode à Rome le 6 octobre 2015.
Mgr Paul-André Durocher, archevêque de Gatineau, sortant d'une séance du synode à Rome le 6 octobre 2015.   (CNS Photo/Paul Haring)
Philippe Vaillancourt | Journaliste
Journaliste
2015-10-06 18:42 || Vatican Vatican

Les délégués francophones de l’épiscopat canadien entament le Synode sur la famille bien conscients que rien n’est joué d’avance et que le défi de faire dialoguer certaines positions divergentes constituera l’un des enjeux de l’exercice. Pour eux, le thème de la miséricorde y est bien présent.

L’évêque de Valleyfield et l’archevêque de Gatineau sont les deux francophones désignés par la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) pour prendre part au synode. Ils accompagnent les deux délégués anglophones, le cardinal Thomas Collins, archevêque de Toronto, et Mgr Richard Smith, archevêque d’Edmonton.

Pour Mgr Noël Simard de Valleyfield, il s’agit d’une première expérience synodale. Il avoue sentir une certaine «fébrilité».

Dans les semaines qui ont précédé son départ, certaines personnes lui demandaient de «rester attaché à la doctrine» tandis que d’autres voulaient voir des «ouvertures» face à certaines situations familiales.

«On ne va pas tout changer, mais il faut apporter une ouverture sur certains dossiers», indique Mgr Simard, qui évoque notamment le «besoin de soutien et d’accompagnement qu’ont les familles éclatées et brisées pour continuer la route».

«Je demande à l’Esprit de nous éclairer pour discerner les chemins à prendre et les voies à suivre», ajoute Mgr Simard.

Les thèmes de la famille et de la miséricorde se croisent au synode

Le Synode sur la famille est le deuxième synode épiscopal à aborder cette question au cours de la dernière année. Celui-ci se tient du 4 au 25 octobre. Il survient quelques jours à peine après la fin de la Rencontre mondiale des familles qui se tenait à Philadelphie à la fin du mois de septembre. Le pape François était d’ailleurs présent pour la conclusion de cette rencontre internationale les 26 et 27 septembre dans le cadre de son voyage aux États-Unis.

Voilà que depuis quelques mois, le thème de la famille côtoie celui de la miséricorde, alors que l’Église entamera une Année de la miséricorde en décembre. Déjà, le pape a multiplié ses déclarations sur ce thème.

Pour Mgr Noël Simard et Mgr Paul-André Durocher, les thèmes de la famille et de la miséricorde se rencontrent à l’occasion de ce synode.

«La miséricorde nous invite à faire preuve de compassion face aux familles d’aujourd’hui. C’est un autre nom pour l’amour de Dieu qui s’épanche sur nos misères et nos difficultés», fait valoir Mgr Simard.

«Je pense que le lien entre la famille et la miséricorde est très important», dit-il encore.

Pour l’évêque de Valleyfield, le synode devra «être témoin» de cette miséricorde. Mais il devra aussi inviter les familles à l’être.

«Nos familles doivent devenir des écoles de la miséricorde de Dieu. Comme mère, l’Église doit manifester ce cœur compatissant et miséricordieux de Dieu aux enfants laissés à eux-mêmes et qui cherchent un sens à leur vie», explique l’évêque de Valleyfield.

Pour Mgr Paul-André Durocher, l'occasion d'une écoute mutuelle

Pour l’archevêque de Gatineau, il faudrait que la rencontre de ces thèmes donne lieu à une profonde écoute mutuelle.

«D’un côté, nous avons un enseignement sur la famille hérité de Jésus et la réalité de couples qui ne réussissent pas à le vivre. D’autre part, nous avons aussi l’enseignement de Jésus sur la miséricorde. Donc, il y a comme deux grandes valeurs ici: que fait-on lorsqu’elles se rencontrent et s’entrechoquent? », demande Mgr Paul-André Durocher.

Celui qui vient de proposer au synode de se pencher sur la possibilité d’un diaconat féminin insiste: pour que le synode parvienne à accomplir quelque chose, l’écoute mutuelle entre «le camp de la vérité» et «le camp de la miséricorde» est nécessaire.

Il rappelle que lors du synode de l’an dernier, le pape François avait lancé un appel à «parler ouvertement et à écouter avec humilité».

«On a appris à faire le premier. C’est le deuxième qu’il faut apprendre pour vraiment saisir ce que l’autre est en train de dire. Mon espoir, c’est qu’en faisant cette rencontre dans l’écoute mutuelle, de nouvelles lumières puissent jaillir», confie Mgr Durocher.

«Si le synode arrive à la conclusion qu’on ne sait pas encore comment tenir les deux [camps] ensemble, il aura déjà fait une grande chose. On a une humilité à apprendre. On n’a pas toutes les réponses à ce moment-ci», dit-il encore.

 

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