Chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador

Abus: Ghislain Picard croit qu'une enquête publique serait justifiée

Le chef Ghislain Picard, à la basilique Notre-Dame, le 17 mai 2017, lors de coup d’envoi des festivités du 375e anniversaire de Montréal
Le chef Ghislain Picard, à la basilique Notre-Dame, le 17 mai 2017, lors de coup d’envoi des festivités du 375e anniversaire de Montréal   (Présence/François Gloutnay)
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2018-10-22 18:55 || Québec Québec

Au lendemain des révélations de l'émission Enquête de Radio-Canada sur les agressions qui auraient été commises par des missionnaires oblats, le chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL), Ghislain Picard, déplore le silence, non seulement de la congrégation religieuse, mais aussi de toute l'Église.

«À la lumière de tout ce nous savons maintenant, le silence de l'Église catholique suffirait pour justifier la tenue d'une enquête publique», estime-t-il.

Si l'émission Enquête du 18 octobre «a mis une fois de plus en évidence plusieurs cas d'abus sexuels sur des mineurs des nations atikamekw et innu» durant plusieurs décennies, «ces derniers cas s'ajoutent à des événements qui ont déjà été révélés publiquement et dont les répercussions intergénérationnelles ont eu de lourdes conséquences pour les individus, les familles et les communautés touchées», a ajouté le chef Picard.

L'Église catholique doit maintenant «répondre de ces actes répréhensibles.» Cette reconnaissance sera «une première étape incontournable pour ouvrir la voie à la guérison pour les victimes».

Le chef Picard croit toutefois que les révélations d'abus contre les Autochtones ont été si nombreuses ces dernières années «que les actes de contrition ne suffiront pas», que «l’impunité est inacceptable et qu'elle doit cesser».

Le chef Ghislain Picard avertit l'Église catholique qu'elle «doit cesser de tergiverser». Il rappelle notamment que, devant les abus commis dans les pensionnats autochtones, «toutes les Églises ont présenté des excuses, sauf elle».

Le 27 mars 2018, la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) avait informé les leaders des communautés autochtones que le pape François ne présenterait pas d'excuses aux Autochtones du Canada pour les traitements qu'ils ont subis dans les pensionnats catholiques qu'ils ont fréquentés. La lettre de la CECC avait été acheminée aux chefs autochtones au lendemain de troublantes révélations faites par Le Journal de Montréal sur les nombreuses agressions qu'auraient commises Alexis Joveneau, un missionnaire oblat.

«À quoi rime le silence du pape?», demande aujourd'hui le chef de l'APNQL.

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