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La Catholic Women’s League largue Développement et Paix

Dans une déclaration acheminée à tous ses membres, la Ligue des femmes catholiques du Canada (Catholic Women’s League of Canada - CWL) demande à ce que les membres de l'organisme ne recueillent plus aucune somme pour Développement et Paix.
Dans une déclaration acheminée à tous ses membres, la Ligue des femmes catholiques du Canada (Catholic Women’s League of Canada - CWL) demande à ce que les membres de l'organisme ne recueillent plus aucune somme pour Développement et Paix.   (Capture d'écran)
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2018-11-26 13:07 || Canada Canada

Dans une déclaration acheminée à tous les membres de la Ligue des femmes catholiques du Canada (Catholic Women’s League of Canada - CWL), la présidente nationale Anne-Marie Gorman demande à ce que les membres de l'organisme ne recueillent plus aucune somme pour Développement et Paix. De plus, elle recommande que toute contribution obtenue dorénavant par une équipe locale soit versée à d'autres organismes «qui appuient des activités de développement, ici ou à l’étranger».

Cette mesure, «temporaire mais nécessaire», découle de l'examen que la Conférence des évêques catholiques du Canada mène actuellement sur les partenaires de Développement et Paix, explique-t-elle, car «beaucoup d’entre eux sont en contradiction avec les enseignements moraux de l’Église».

Cette déclaration a été publiée le samedi 17 novembre 2018, au terme d'une réunion de l'exécutif national de la CWL. La veille, Serge Langlois, directeur général de Développement et Paix, avait annoncé que l'organisme suspendait temporairement tout financement à 52 de ses 180 partenaires qui, «selon des données obtenues en ligne, posaient certaines questions concernant leur respect des enseignements de l’Église».

Depuis quatre décennies, les membres de la CWL versent à Développement et Paix 1% de toutes les sommes que leurs équipes recueillent lors d'activités locales de collecte de fonds. Depuis 1978, c'est plus de 2 millions $ qui ont été versés à des projets appuyés par Développement et Paix par ce programme.

Dans sa déclaration, la présidente Anne-Marie Gorman indique toutefois que «l'exécutif national versera immédiatement les dons reçus des membres et des conseils qui sont actuellement détenus en fiducie au nom de Développement et Paix».

Fait à noter, la déclaration du 17 novembre est aussi signée par Mgr Stephen Jensen, aumônier national de la CWL. Cet évêque dirige le diocèse de Prince George en Colombie-Britannique. Ce diocèse ne fait pas partie des douze diocèses qui ont annoncé publiquement, en avril 2018, retenir jusqu'à nouvel ordre les fonds recueillis dans les églises locales pendant la campagne Carême de partage de Développement et Paix.

Deux diocèses versent l'argent retenu

Vice-président de la Conférence des évêques catholiques du Canada, Mgr Richard Gagnon fait partie des évêques qui ont décidé de remettre à Développement et Paix les sommes qu'ils retenaient depuis avril 2018. Dans une lettre du 13 novembre, l'archevêque de Winnipeg indique avoir demandé au directeur général Serge Langlois que les montants versés par les catholiques de Winnipeg n'aillent pas à des partenaires qui agissent «en contradiction avec les enseignements moraux de l'Église».

Dans un courriel remis à l'agence de presse Présence, Kiply Lukan Yaworski, coordonnatrice des communications pour le diocèse de Saskatoon en Saskatchewan, indique que les sommes retenues depuis la dernière campagne Carême de partage 2018 ont aussi été versées à l'organisme à la condition «qu'elles ne soient pas utilisées pour appuyer des groupes partenaires sous examen (questioned) par la Conférence des évêques catholiques du Canada».

Romain Duguay, directeur général adjoint de Développement et Paix, avait confirmé la semaine dernière que la majorité des diocèses qui ont retenu les fonds les avaient transférés après la réunion annuelle des évêques canadiens tenue à Cornwall en septembre 2018.

«Les sommes reçues étaient accompagnées de lettres d'appui», avait-il expliqué. Ces lettres prouvaient que «des évêques de l'Ouest nous appuient inconditionnellement», avait alors précisé le dirigeant de Développement et Paix.

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