En finale avec les Raptors de Toronto

D'un séminaire camerounais à la NBA

Pascal Siakam (43) affronte Draymond Green (23) le 30 mai 2019 dans le premier duel de la finale de la NBA opposant les Raptors de Toronto aux Golden State Warriors.
Pascal Siakam (43) affronte Draymond Green (23) le 30 mai 2019 dans le premier duel de la finale de la NBA opposant les Raptors de Toronto aux Golden State Warriors.   (CNS photo/Gregory Shamus-USA TODAY Sports via Reuters)
2019-06-10 09:52 || Monde Monde

Quand Pascal Siakam était adolescent et qu’il fréquentait un petit séminaire au Cameroun – et  jouait principalement au soccer pendant ses temps libres – il n'a sans doute jamais imaginé qu'il jouerait en finale dans la NBA.

En fait, étudier pour la prêtrise était plutôt une idée de son père et non un appel personnel pour l'attaquant de 25 ans qui s’aligne avec les Raptors de Toronto. L’équipe canadienne affronte les Golden State Warriors pour le titre suprême du basket en Amérique du Nord.

Le joueur de 6 pieds 9 pouces, sélectionné par les Raptors en 2016, est également un possible candidat possible pour le prix du joueur de la NBA qui s’est le plus amélioré. Il n’a réussi qu’un seul lancer de 3 points lors de sa première saison; il en réussit désormais en moyenne un par match.

À la fin de son adolescence, Siakam a rejoint ses amis pendant deux étés dans un camp de basket-ball dirigé par le joueur camerounais Luc Mbah a Moute, un joueur de la NBA qui évoluait récemment pour les Clippers de Los Angeles. Tout au long du camp, Siakam a été choisi pour participer à Basketball Without Borders – un programme de sensibilisation mené par la NBA et la FIBA, la Fédération internationale de basket-ball – à Johannesburg, où il a été découvert.

Après avoir obtenu son diplôme du petit séminaire, Siakam a poursuivi un parcours l’amenant dans une école préparatoire au Texas pendant un an, puis la New Mexico State University avant de rejoindre la NBA.

En 2017, Jackie MacMullan d’ESPN s'est rendue à Douala, au Cameroun, ville natale de Siakam, et au petit séminaire Saint-André à Bafia pour y préparer un article de fond.

Elle a interviewé le directeur du petit séminaire, Mgr Armel Collins Ndjama, qui a déclaré par l'intermédiaire d'un interprète qu'il savait très tôt que le père de Pascal avait une vision «et que Pascal ne la partageait pas».

«Je savais que nous ne pourrions probablement pas le former à la prêtrise, mais j'espérais tout de même pouvoir lui apprendre à être un homme», a ajouté le directeur.

Siakam a également convenu qu'il ne pensait pas avoir une vocation à la prêtrise, mais il ne voulait pas non plus aller à l'encontre de son père. «Il n'y a pas de meilleur homme que j'ai connu dans ma vie», a-t-il raconté au sujet son père, décédé avant le premier match de Siakam de complications liées à un accident de voiture.

Deux mois après l'entretien, le directeur du séminaire a été retrouvé mort dans son bureau, puis un mois après, l'évêque du lieu, Mgr Jean-Marie Benoit Bala, évêque de Bafia, a également été retrouvé mort. Les restes de son corps ont été retirés d'une rivière, en juin 2017.

Au moment de l'entretien avec ESPN, Mgr Ndjama a déclaré qu'il n'était pas surpris par le succès de son ancien élève, qui terminait sa saison recrue dans la NBA.

«Lorsque Pascal s’y mettait, il était capable de presque tout», a-t-il déclaré.

Carol Zimmermann

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