Incendie à l'abbaye de Rougemont

Lourdes pertes pour les moines cisterciens de Rougemont

  • Dom Raphaël Bouchard se tient devant les cendres encore fumantes du magasin des moines cisterciens de Rougemont le 18 septembre 2017.
  • Des pompiers inspectent les dégâts causés par l'incendie qui a ravagé le magasin de moines cisterciens de Rougemont le 18 septembre 2017.
François Gloutnay | Journaliste
Journaliste
2017-09-18 16:27 || Québec Québec

En ce lundi matin, dom Raphaël Bouchard est immobile, dans le stationnement du verger des moines cisterciens de Rougemont. À quelques mètres de lui, il n'y a que des ruines encore fumantes. Au milieu des débris, un escalier de fer semble avoir résisté aux flammes.

C'est bien le seul élément qui reste du magasin saisonnier de l'abbaye Notre-Dame de Nazareth à Rougemont, réduit en cendres durant la nuit.

Le père-abbé de l'abbaye cistercienne explique que lui et les autres moines ont été «réveillés à trois heures par les pompiers». Des flammes consumaient déjà le vaste bâtiment qui accueille depuis plusieurs années les visiteurs de leur immense verger de Rougemont.

«On était près de se lever pour aller louer le Seigneur», dit dom Raphaël. «Ce fut une louange brûlante.»

Le bâtiment est une perte totale. «Il ne reste absolument rien. Les pompiers ont même dû démolir le béton pour parvenir à éteindre le feu», ajoute-t-il.

Avec sa main, il montre l'emplacement de tout ce qui a été détruit. «Il y a notre magasin, qui assurait la moitié de notre revenu. Là, c'est notre cidrerie, notre vinaigrerie, notre chocolaterie, même notre salle de musique. Et tous nos instruments aratoires. On n'a plus rien pour faire la taille cet hiver et l'arrosage ce printemps», dit-il, hochant la tête.

«Heureusement, il nous reste des pommes et des poires», se console le père-abbé qui se rend alors compte que l'abbaye n'a plus de sacs pour recueillir les fruits. «Ils ont aussi brûlé. Demain matin, il faudra acheter d'autres sacs pour qu'on puisse continuer la cueillette.»

Dès que l'entrée du verger sera dégagée, ce qu'il souhaite d'ici vendredi, dom Raphaël invite les gens à venir malgré tout cueillir les fruits de leurs pommiers et de leurs poiriers.

«Cela change un peu les plans de notre année de pommes». La cueillette des fruits à l'abbaye de Rougemont débute quelques jours avant la fête du Travail et se termine à la mi-octobre. «Cela se déroulait très bien, avec tous nos bénévoles, nos employés, les frères. Et là, notre saison prend une autre tournure», soupire-t-il.

«Dieu a donné. Dieu a repris. Béni soit son saint nom.» Ce sont les premières paroles qui ont été échangées ce matin au monastère de Rougemont, assure dom Raphaël qui ajoute qu'un moine a lancé: «On a hâte de voir ce que le bon Dieu a derrière la tête. Sûrement qu'il nous ménage une belle surprise».

«Mais aujourd'hui, c'est toute une surprise...», dit-il.

Les moines vont-ils rebâtir le bâtiment? «Oui, sans doute, mais je ne sais pas ce que la communauté va décider. Est-ce qu'on va conserver toutes nos industries ou se concentrer dans une seule? Je ne sais pas. Ce qu'on sait, c'est que pour cette année, la production est terminée.»

Réactions du nouvel évêque

«C'est un gros choc pour moi et pour nous tous ce matin», dit Christian Rodembourg, le nouvel évêque de Saint-Hyacinthe, ordonné hier après-midi.

Mgr Rodembourg connaît bien l'abbaye de Rougemont et les moines qui y habitent. Une semaine avant son ordination épiscopale, Mgr Rodembourg a séjourné, en retraite, au monastère.

Il connaît aussi les bâtiments qui ont été détruits ce matin. Le samedi 10 septembre, il était même présent à l'ouverture du verger. C'est lui qui tendait les sacs aux clients venus pour la cueillette des poires. «C'est énorme comme entreprise», dit-il.

«Je vais contacter dom Raphaël le plus tôt possible. Pour l'encourager et voir avec lui quels sont ses besoins. Et je pense en ce moment au personnel du verger, dont il ne faut pas oublier le travail et qui est aussi touché par cet incendie.»

«Je suis convaincu qu'il y aura une très grande solidarité des communautés religieuses et des chrétiens envers les moines, y compris à l'extérieur du diocèse», dit Mgr Rodembourg. «Ce sont des gens qui rendent tellement un grand service d'accueil.»

 

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