Attentat du Centre culturel islamique de Québec

Une commémoration axée sur les victimes et le vivre-ensemble

Le cofondateur du Centre culturel islamique de Québec, Boufeldja Benabdallah, photographié dans la grande mosquée de Québec en novembre 2017.
Le cofondateur du Centre culturel islamique de Québec, Boufeldja Benabdallah, photographié dans la grande mosquée de Québec en novembre 2017.   (Présence/Philippe Vaillancourt)
Véronique Demers | Journaliste
Journaliste
2018-01-12 10:03 || Québec Québec

Une série d’événements sont prévus à la fin janvier pour soutenir les familles endeuillées des victimes de la tuerie du 29 janvier 2017 au Centre culturel islamique de Québec. Parmi ces événements, on prévoit une soirée interreligieuse le 28 janvier au Pavillon de la jeunesse et une commémoration citoyenne laïque le 29 janvier, dans le stationnement de l’église Notre-Dame-de-Foy, à deux pas de la mosquée.

Le cofondateur du Centre culturel islamique de Québec, Boufeldja Benabdallah, fait de nouveau appel à la générosité des Québécois pour soutenir les familles des victimes de la tuerie pendant ces événements.

«On veut continuer de les aider dans leur guérison. La société québécoise demeure l’une des meilleures qu’on a connues. Dans la dernière année, des gens sont passés à la mosquée avec des bouquets de fleurs, un sourire, une lettre, et même des chèques pour les familles. On a vu la générosité à la mosquée, mais aussi à l’extérieur», raconte M. Benabdallah.

Selon lui, une telle soirée interreligieuse, le 28 janvier, serait une première à Québec. «Des catholiques, protestants, anglicans, juifs, Hurons Wendats et d’autres représentants des Premières Nations seront là pour exprimer des prières pour les disparus, mais aussi pour la société, pour qu’elle puisse continuer d’être tricotée serrée.»

Quant à la Commémoration citoyenne de l’attentat du 29 janvier, l’objectif est «d’ouvrir un espace de solidarité et de deuil pour soutenir les proches, les parents et les survivants de l’attentat terroriste», exprime l’un des co-porte-parole, Sébastien Bouchard. «On veut se servir de ce moment-là aussi pour réfléchir sur la société que l’on veut construire et mettre l’accent sur le vivre-ensemble dans la diversité», ajoute-t-il.

Pour une Journée contre l’islamophobie

Autant M. Benabdallah que M. Bouchard se sont dits en faveur de la création potentielle d’une Journée nationale de lutte contre l’islamophobie. «Même si une majorité nous adore, une minorité fait du bruit. Il y a une recrudescence des gestes haineux islamophobes. Alors pourquoi ne pas se servir de cette journée pour dresser un bilan et réajuster ensuite le tir si nécessaire pour le reste de l’année?», suggère M. Benabdallah.

«Trop souvent, les personnes qui ont des messages de haine sont très audibles, mais pour l’amour et la solidarité, c’est le temps d’être visibles», renchérit M. Bouchard.

Procès en mars

Alexandre Bissonnette, l’auteur présumé de la tuerie à la mosquée de Québec, subira son procès à partir du 26 mars. «C’est un acte purement terroriste envers un regroupement de gens qui s’unissent par la foi. Je déplore que les preuves ne sont pas hors de tout doute. La loi devrait être resserrée», juge M. Benabdallah. «Ce n’est pas un accident, c’est un attentat terroriste. Il y avait une intention», ajoute M. Bouchard.

Le présumé tueur ne sera pas accusé de terrorisme. Mais plusieurs personnalités publiques – dont les premiers ministres Justin Trudeau et Philippe Couillard – n’ont pas hésité à employer ce terme dans les jours qui ont suivi l’attentat.

Aujourd’hui, M. Benabdallah souhaite de tout cœur que le «cas des musulmans» serve de leçon. «Le voisin doit être respecté… mais on n’est pas loin. Je crois qu’il est possible de vivre ensemble de manière harmonieuse, un jour à la fois.» 

 

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